Retraité à 39 ans.

J’ai décidé de prendre ma retraite sportive. 40 ans à penser qu’à moi. Les 60 qui viennent à penser qu’aux autres. C’est un bon équilibre je trouve. 

Depuis 2 mois, l’envie et le désir ne sont plus là. Je continue à m’entraîner mais très souvent, je me dis « Pffff, j’ai pas envie… ».

Quand tu t’entraînes 25-30 heures par semaine, il y a plein de moments où tu n’as « pas envie » mais généralement, cette pensée, dans ton cerveau se termine par un « . » et tu mets quand même tes chaussures. Alors que depuis 2 mois, cette pensée ne s’arrête pas. Il y a des « … » puis le pire du pire : un « j’ai mieux à faire » ou un « pourquoi je fais ça ? ».

La décision a été très difficile à prendre. J’ai été triste. Confus. Perdu. J’essayais de prendre les choses à la légère en me disant « Bon, ta motivation est partie en vacances. T’inquiètes, elle va revenir ». J’ai passé le mois de décembre à Okinawa, une île japonaise près de Taiwan. Je pensais qu’en pleine nature, au soleil, dans le pays où je me sens le plus moi-même, ma motivation allait me faire « Ah putain ! Tu m’as trouvé ! »

Mais non.

C’est là que j’ai appris une chose très importante sur moi et que je vais t’apprendre aujourd’hui car je suis sûr que tu es comme moi à ce niveau.

La décision a été très difficile car dans ma tête, il n’y avait que 2 options :

1.       Faire du triathlon à haut-niveau comme je sais le faire mais en ayant apparemment perdu ma flamme.

2.       Ne plus faire du triathlon, un point c’est tout.

Soit oui. Soit non. Je me rappelle qu’à plusieurs reprises dans ma vie, les moments les plus difficiles ont été des moments de tristesse et de confusion où j’avais le choix entre un « Oui…mais non » puis un « Non ». Obligé, tu connais ça aussi.

Je connais mieux la réalité de ce sport et de mon corps maintenant et je suis sûr que si je continuais, je pourrais dans 4 autres années, être champion du monde de je ne sais quelle distance et de je ne sais quelle catégorie d’âge. Là, j’aurais encore des histoires fabuleuses à te raconter. Tu me croiserais dans la rue, tu me dirais « Putain, Greg, tu me fais rêver ». Mais le reste de ma vie serait identique : mon corps, mon mental, ma vie familiale et amoureuse, mes amis, mon style de vie…

Sacrifier tout cela pour aller aux JO, je le fais tout de suite et je l’ai fait.

Sacrifier tout cela pour être champion du monde amateur, non. Voilà la vérité.

C’est là que le déclic a eu lieu en moi.

Je me suis demandé ce que j’allais devenir sans triathlon, puis j’ai pensé à la langue japonaise. Je ne t’apprends rien, tu sais à quel point j’aime cette langue. Mais tout d’un coup, un matin, je me suis dit que ma nouvelle mission, elle était là ! Je me suis dit que si je me plongeais à fond dans l’apprentissage du japonais, je pourrais travailler comme interprète lors des JO, je pourrais vivre au Japon, et un univers d’autres opportunités inconnues s’ouvriraient à moi.

Récemment, je lisais que parler une langue étrangère, c’est comme avoir un autre diplôme. Et Dieu sait, à quel point le fait de parler anglais a été un élément moteur crucial dans ma vie. Prends-moi tout ce que j’ai, j’aurais quand même ce style de vie un peu dingue et ce blog existerai certainement. Prends-moi mon niveau en anglais et ma vie aurait été complètement différente.

C’est à la seconde où je me suis donné cette nouvelle mission, que la flamme à l’intérieur de moi s’est rallumé. Tout d’un coup, j’avais le choix entre un « Oui…mais non », un « Non » puis un « Putain, oui ! »

Voilà le secret. Peu importe ce que tu fais, triathlon ou pas triathlon, sauver le monde ou finir ce pull en tricot, il te faut une mission. Il te faut un « Putain, oui ! »

Tu en es où, toi ? Tu as une mission actuellement ?

Peu importe la mission encore une fois. C’est pas un concours de la mission la plus kiffante. C’est un concours entre « Putain, oui ! » et « Oui…mais non ».

Depuis que je me suis donné cette mission, tout va bien. Je vais très bien. Je suis heureux. Je suis nouveau. Je suis excité de partir dans cette direction. En ce qui concerne le sport, je réalise que naturellement, je continue de nager 2 à3 fois par semaine mais qu’en général, au bout de 30 minutes, je me dis « C’est bon, j’ai eu ma dose ! ». Mais je n’ai pas envie de faire de vélo ni de courir.

 

Depuis ces dernières semaines, je me suis donc retrouvé avec une énorme quantité d’énergie, de temps (et plus d’argent) à répartir dans ma vie. En plus de mon travail, j’ai passé des heures à faire de beaux paquets cadeaux, à dessiner, à faire de l’origami, à écrire et grand changement : à visiter le lieu où je me trouve. Je me rappelle d’un interview où Michael Phelps disait « Je suis allé dans le monde entier mais je ne connais pas le monde ». C’est exactement ça. Tu connais les lieux d’entrainements et les aéroports. Point.

Je suis actuellement en France, avec toute ma famille. Il s’est passé une chose d’assez dingue et de tout nouveau pour moi. J’étais en train d’écrire dans le salon, mon neveu et ma nièce se sont réveillés et s’ont venus à côté de moi pour jouer. Et là…je me suis arrêté d’écrire et je me suis mis à jouer avec eux, à leur parler, à les écouter. Je me rends compte aussi que j’ai plus d’amour et d’affection à leur donner. J’ai envie de les prendre dans mes bras. Je les câline plus. J’ai envie de les écouter et de les guider pour qu’ils grandissent de la plus belle des manières. C’est assez dingue comme sentiment. Si toi, tu as des enfants, peut-être que tu ne me comprends pas tout à fait mais pour moi, c’est tout nouveau. Vive la retraite !

Je te souhaite une Fabuleuse Année. Que tu sois en meilleure santé qu’en 2017. Prends soin de ta santé et prends soin de ton « Putain, oui ! »

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2 réflexions sur “Retraité à 39 ans.

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