Amoureux de cette Vie

Je bois une Red Bull et un café. Quasiment en même temps. Encore 3 heures et 35 minutes avant le départ du triathlon de Yokohama. Depuis mes débuts dans ce sport, j’ai rêvé de participer à cette course. Aussi irrationnelle que cela puisse paraître, je me suis toujours dit, « Quitter Tokyo en 2011 a été le plus gros échec de ta vie. Un jour, tu reviendras à Tokyo en héros ». Après mes 2 dernières courses à Singapour et à Taiwan, et 2 podium, je me dis, « Et si c’était la fin, là ? Et si c’était là que je terminais 1er ? Et si c’était ça mon retour en héros ? Et si j’arrêtais le triathlon après cela ? » J’ai toujours dit à tout le monde que Tokyo était plus important que le triathlon.

« Et si aujourd’hui, c’était ma dernière course ? »

5 heures du matin et j’écoute du r’n’b, « Ignition » de R.Kelly ou « Mesmerize » de Ja Rule, je crois. La musique est presque à fond. En même temps, super naturellement, j’ai eu une conversation en japonais avec une amie.

C’est la scène la plus irréelle de ce voyage de 6 semaines en Asie, et peut-être l’une des plus révélatrices de ma transformation.

Il y a quelques années, je m’étais inscrit à un cours universitaire à l’université de Berkeley sur « La science du bonheur ». Je n’ai jamais terminé le cours mais j’ai retenu deux choses :

  • La première, c’est que jusqu’à un salaire de 70 000 euros par an, l’argent fait le bonheur. Après, non.
  • La deuxième, c’est que nous les êtres humains, nous sommes très doués pour nous adapter à notre environnement. C’est pourquoi, après un moment incroyable, un voyage, un mariage, un coup de foudre, une victoire, un exploit, un nouveau jouet, etc…nous nous y adaptons et la joie intense que nous ressentions grâce à cette situation ou cet objet, retombe. C’est parce que nous nous y adaptons.

Sur 6 semaines en Asie, soit 42 jours, j’ai dû en passer 21 sur un nuage. Aucune adaptation. Vraiment, j’aurais pu pleurer de bonheur pendant 21 jours. La chose incroyable et magnifiquement apaisante que je ressens quand je suis en Asie, c’est…bien que je ne pense plus à être ailleurs. Quand je suis ici, je suis hyper créatif, je pense à plein de belles choses parce que je n’ai plus cette énorme pensée que j’ai quand je suis en Europe et qui crie « JE VEUX ALLER EN ASIE !! »

Depuis mon arrivée ici, j’ai mis au point une sorte d’échelle du bonheur. Tu me diras ce que t’en penses, d’accord ?

Quand tu fais ce que tu aimes, c’est niveau 1.

Quand tu fais ce que tu aimes dans un pays que tu aimes, c’est niveau 2.

Quand tu fais ce que tu aimes dans un pays que tu aimes avec des gens que tu aimes mais avec qui tu parles anglais, c’est niveau 3.

Enfin, quand tu fais ce que tu aimes dans un pays que tu aimes avec des gens que tu aimes et que tu parles leur langue, laisse tomber, c’est jackpot.

Activité que j’aime + Pays que j’aime + Personnes que j’aime + Langues que j’aime.

En plus, je suis célibataire ! Tu imagines !? Le jour où je vais tomber amoureux, je vais être une pile ! Enfin, « tomber amoureux », tomber amoureux d’une femme, je veux dire, parce qu’en ce moment, je dois être amoureux d’environ 45 000 choses différentes. Si je faisais une prise de sang, je suis sûr que mes hormones seraient équivalentes à celles d’un élan en pleine saison des amours.

Il y a une question que j’ai toujours rêvé que l’on me pose : « Quelle a été la période la plus heureuse de ta vie ? »

Je me suis toujours imaginé répondre :

« Quand j’avais 17 ans. À cette époque, je faisais du basket-ball tout le temps. J’étais super bon. L’école, je m’en foutais. Les filles, aussi. C’était génial ».

Bien je crois que « Quand j’avais 39 ans, je suis parti 6 semaines en Asie… » est sur le point de passe premier au classement.

Il y a 10 ans, alors que je souffrais de dépression, je rêvais juste de sourire un peu, juste d’être en bonne santé, juste que ma vie soit un peu mieux. Jamais de la vie ni de ma vie, j’aurais osé rêver de faire quelque chose d’aussi fabuleux. Il m’a fallu 10 ans pour faire ce voyage :

 » Métier que j’aime pas + dépression  » >>>  » Faire ce que j’aime dans un pays que j’aime « .

10 ans pour accomplir cela. Des fois, je me demande,  » Et si je devais refaire ce voyage ou si je devais apprendre à quelqu’un comment le faire en 5 ans, ou en 1 an, qu’est-ce que je dirais ? «  Peut-être que je devrais y réfléchir…

Je t’embrasse et je te souhaite du fond de mon cœur d’être incroyablement heureux dans ta vie, et si tu penses que ne l’es pas complètement, sois en persuadé, ton bonheur existe et tu vas le trouver.

Je t’Aime…et promis, dans le prochain post, je parle de triathlon 🙂

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